S’ils n’ont pas été baptisés lorsqu’ils étaient bébés à la demande de leurs parents, les adultes et les jeunes peuvent faire profession de leur foi, choisir d’être disciples de Jésus-Christ, demander eux-mêmes à devenir chrétiens par le Baptême.
A l’occasion de la Fête du Baptême du Christ, le Cardinal Vingt-Trois nous parle du baptême :
Quand nous demandons le baptême de l’Église, nous ne faisons pas autre chose que d’appeler sur nous cette parole du Père qui va dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Celui-ci, celle-là, qui n’est en rien différent de tous ceux qui l’entourent, dont l’existence ne diffère à première vue en rien de l’existence de tous nos contemporains, devient à la fois signe d’une autre réalité au cœur de cette existence humaine, et acteur d’une présence de Dieu au milieu des hommes. L’enfant qui est baptisé, le jeune qui est baptisé, l’adulte qui est baptisé n’est plus simplement une créature de ce monde, il reçoit par l’effet du sacrement qui marque, y compris son corps, par l’eau, par l’onction, il reçoit en lui la marque de Dieu présent, vivant et agissant.
Nous sommes invités ainsi à regarder notre baptême non pas simplement comme une sorte de ticket d’entrée dans l’Église, - avant, on était dehors ; après, on est dedans -, mais comme un changement qui touche toute notre personne, notre esprit, notre cœur, notre liberté, notre volonté, nos capacités d’aimer, de construire, de réaliser quelque chose en ce monde, marqués que nous sommes par l’Esprit qui descend sur nous comme sous la forme d’une colombe sur Jésus, éveillés par la Parole du Père qui nous désigne comme ses enfants. Avec Jésus nous sortons de l’eau pour une vie nouvelle qui est une vie de créature divine, si on peut parler de « créature divine » : la vie d’un homme, d’une femme habitée par la présence de Dieu, témoin de la présence de Dieu, acteur de la présence de Dieu.
Ainsi quand nous regardons notre vie, nous prenons conscience que nos erreurs, s’il y en a, nos fautes, s’il y en a, ne se mesurent pas seulement par rapport à un code de conduite que nous aurions reçu et auquel nous ne serions pas fidèles. S’il y a des erreurs, s’il y a des fautes, ce qui est atteint en nous n’est pas notre bonne image ou notre respectabilité, c’est vraiment la vie de Dieu qui nous habite. Baptisés dans le Christ, nous sommes devenus des créatures nouvelles, nous sommes appelés à mener une vie nouvelle. En faisant aujourd’hui mémoire du baptême du Christ, nous sommes invités à faire mémoire de notre propre baptême, à reconnaître cette puissance de l’action de Dieu dans nos vies, à mettre notre espérance dans la parole qu’il a prononcée sur nous : « Tu es mon fils, aujourd’hui je t’appelle et je t’envoie » _ Lire cette homélie de Mgr Vingt-Trois en entier
Avant qu’un adulte ou qu’un adolescent ne reçoive le Baptême, il va lui être proposé un temps de « catéchuménat » adapté à son âge, durant lequel ils va découvrir l’enseignement de Jésus, la relation à Dieu dans la prière, la vie en Eglise.
Celui qui demande le Baptême, porte le nom de"catéchumène". Le mot"catéchumène" vient du grec, et signifie"celui qui écoute". C’est en se mettant à l’écoute de Dieu, à l’écoute de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, que le catéchumène se prépare progressivement à mener une vie nouvelle. L’Esprit Saint ouvre son coeur à l’intelligence des Ecritures.
Des étapes vont marquer le cheminement vers le baptême des catéchumènes :
La 1ère étape est l’"Entrée en catéchuménat". C’est une célébration toute simple par laquelle le candidat au Baptême est accueilli dans la communauté des chrétiens. Il est marqué du"signe de la croix", et il reçoit le livre des Evangiles : le chrétien se reconnaît au signe de la croix, et durant toute sa vie il se nourrit de l’Evangile. Parfois il change de prénom pour adopter un prénom chrétien et se choisir ainsi un saint patron dans l’immense famille des chrétiens. Dès l’entrée en catéchuménat, le candidat au Baptême devient membre de l’Eglise. Même sans être encore baptisé, il aurait droit, par exemple, à un mariage à l’Eglise ou à des funérailles religieuses.
La 2ème étape est l’"Appel décisif". C’est l’Evêque, au début du temps de Carême, qui appelle solennellement tous les catéchumènes de son diocèse qui y sont prêts, à recevoir le Baptême au cours de la prochaine vigile pascale. Chacun est présenté par sa communauté, chacun est appelé par son nom et vient à la rencontre de l’Evêque, et chacun signe de sa main les registres de l’Eglise.
A Paris les catéchumènes reçoivent à cette occasion une écharpe de couleur violette, en signe de conversion, et les registres sur lesquels leurs nom sont inscrits sont confiés à des communautés de religieuses contemplatives qui reçoivent mission de prier tous les jours pour ces futurs baptisés.
A partir de l’appel décisif, tous les Dimanches de carême, au cours de la Messe, des célébrations très belles vont marquer l’ultime cheminement des catéchumènes vers leur Baptême : le"Je crois en Dieu".et le"Notre Père" leur seront transmis par la communauté rassemblée, et les célébrations des"scrutins" vont leur donner la force de toujours lutter contre le mal.
La 3ème étape, c’est, dans la grande nuit de Pâques, la nuit où tout l’Eglise chante sa joie de la Résurrection du Christ, la célébration du Baptême, de la Confirmation et de l’Eucharistie des catéchumènes. Auparavant ils renonceront au mal, ils proclameront leur foi en Dieu Père, Fils et Saint Esprit, et tous les chrétiens renouvelleront leur profession de foi.
L’Eglise est tout à la fois le Peuple de Dieu, le Temple de l’Esprit et le Corps du Christ : elle est la demeure de Dieu Père, Fils et Saint Esprit.
En recevant les trois sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l’eucharistie, le nouveau baptisé devient un chrétien à part entière dans l’Eglise.
Pour les adolescents et les enfants en âge de scolarité, Confirmation et Eucharistie peuvent être différées pur permettre un meilleur déploiement pédagogique de la préparation à ces sacrements.
Un psaume qui évoque ces trois sacrements :
psaume 22
Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien. *
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.
l me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ; *
l me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.
Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal, *
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.
Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ; *
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.
Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ; *
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.
|
En savoir plus sur le déroulement du baptême
|
|